25 octobre 2026
Le petit mot boursier de Roger LECUT
Chers investisseurs,
Nous vivons des moments cruciaux. La géopolitique nous annonce que le partage du Monde est en cours. C’est un chambardement inouï. Les sociétés phares descendent de leur piédestal. Les tuiles tombent sur la tête des épargnants. Prédire l’issue de tant de conflits, qu’ils soient guerriers, politiques, économiques, financiers, sociaux, syndicaux ou écologiques est vraiment hasardeux.
En Bourse, des valeurs sûres ont plus ou moins doublé cette année avant de prendre une « pelle ».
Des amas d’achats vers l’IA se sont fait au détriment des autres secteurs. Cela s’est retourné ensuite. Chez les investisseurs peu avertis, l’angoisse étreint les trop aventureux qui recherchaient la plus belle place au soleil de la rentabilité, sans se soucier qu’ils asséchaient le marché des liquidités.
L’argent s’est ainsi envolé sans aucune pitié pour ceux qui croient noir sur blanc aux promesses trop ambitieuses ou fallacieuses de la modernisation technologique.
Cette déroute est due aussi à une hausse généralisée des taux, elle-même, due à l’inflation. Malgré elles, les banques centrales attisent le feu avec un resserrement monétaire.
Les caisses étatiques sont vides et augmentent la pression fiscale sur le peuple. Des groupes de révoltés descendent dans la rue et chamboulent les enjeux des grands dirigeants.
Pour investir, les épargnants et principalement les jeunes recherchent plus spécialement les outils moins risqués que les actions et les obligations. Dans les temps présents, beaucoup recherchent la simplicité d’un placement et cela à moindre frais.
Par jeu parfois, ou pour épater les autres, d’autres ont osé le stock-picking mais beaucoup se sont brulés les doigts par manque de connaissances financières.
Ceux qui ont investi depuis une dizaine d’années ont connu des faibles taux qui favorisaient la hausse quasi constante des actions plus rémunératrices, du moins en return. Mais actuellement, avec des taux élevés, il faut être prudent et pourquoi pas, s’inscrire dans un club d’investissement et participer à des conférences boursières ou économiques et financières pour être dans le parfum.
Actuellement, les courtiers et les banques leur proposent le créneau des ETF et cela semble plaire vraiment à la jeunesse et à ceux qui ignorent comment fonctionne le marché des actions.
Il est aussi surprenant que même les vieux renards ne dédaignent pas cette façon d’investir. D’autre part, les banques semblent promouvoir ces investissements en actions assez alléchants.
La motivation est compréhensive : L’Etat vient d’instaurer une taxe sur les plus-values. Cela crée un frein certain aux actions individuelles.
De plus, un ETF, c’est un portefeuille de titres régulièrement remanié et si l’investisseur a choisi « l’option in. », la charge des plus-values est assurée par la banque et c’est nettement plus facile.
Mais les novices sont parfois perdus avec toutes les dénominations. Voilà en un mot une explication simple mais compréhensible sur ce qu’est un ETF.
Un ETF (Exchange Traded Fund ou tracker en français) est un fonds d'investissement coté en bourse. Il suit l’évolution et permet de répliquer la performance d'un indice boursier (comme le CAC 40, le S&P 500 ou le MSCI World et le SP-500) à la hausse comme à la baisse. Voilà le Dow Jones à New York et son ETF. C’est quasi la copie.
Attention, ce placement n’est pas la panacée, comme tout autre placement collectif, il y a des avantages et des risques. Vous devez, avant d’acheter, savoir comment cela fonctionne.
Il est important de peser les avantages et les inconvénients de ce genre d’investissements en tenant compte de votre situation personnelle.
Pour des novices, investir dans des ETF, constitue une porte d’entrée dans l’Univers Boursier et Financier mais l'apparente simplicité d'accès à ce genre d’investissement ne doit pas vous leurrer.
Actuellement, il y a une très grande et importante diversité d’ETF à multiplier par le nombre de marché.
Ce sont des produits complexes et je dois dire que leurs dénominations parfois rébarbatives sont loin d’être claires et ne facilitent guère un bon choix.
Les ETF suivent généralement un indice spécifique. Par exemple, vous voulez investir aux USA mais vous n’avez pas le moyen de surveiller une palette d’actions américaines. Vous achetez un ETF qui suit les 500 valeurs du SP-500. Vous avez ainsi acheté une exposition à un large éventail d’actions des plus grandes entreprises cotées à New York. Point important : Vous avez 500 valeurs différentes dans votre portefeuille mais vous n’avez pas dû les acheter individuellement. Vous pensez sereinement être diversifié mais !!!! j’en parle plus loin.
Pour le choix des actifs, la gamme des trackers est importante. Retenez qu’un ETF est un fonds d’investissement qui regroupe plusieurs actifs (actions, secteurs économiques, obligations, matières premières, etc.).
Il a l’avantage de se négocier en continu à la manière d’une action pendant les heures de marché. Les investisseurs peuvent donc acheter à bon escient avec des limites en cours de journée.
L'investissement dans les ETF doit correspondre à vos objectifs d'épargne, au niveau de risque que vous êtes prêt à prendre et à votre horizon de placement.
Bien entendu, investir en ETF comporte des risques comme la baisse de l'indice, l’écart de suivi avec l'indice, le manque de liquidité sur des ETF spécifiques, un krach éventuel ou des faillites dans un ETF sectoriel.
Mais, il y a des avantages comme la diversification, les frais moins importants (quoique les fonds indiciels traditionnels sont moins chers), le suivi et la transparence médiatique qui font des ETF un choix judicieux pour ceux qui recherchent la facilité et surtout veulent éviter trop de tracas.
La règle de tout investissement est de diversifier. Je viens de dire qu’au lieu d'acheter une seule action sur un marché mondial, l’achat d’un ETF représente l’achat d’un "panier" regroupant tout un panel très important d’entreprises.
Les gérants de ces ETF suivent pour la plupart, une stratégie passive. En fait, ils n’essaient pas de battre le marché, ils copient leurs références. Vous avez le choix entre « Capitalisation ou distribution ». Les dividendes versés par les entreprises de l'ETF peuvent être, soit versés sur votre compte, soit être réinvestis automatiquement. Non seulement la capitalisation vous fait profiter des intérêts composés mais elle vous facilite votre déclaration des plus-values si vous optez pour « l’option in » chez votre banquier.
Il y a beaucoup d’avantages à choisir l’achat d’un ETF notamment :
La répartition de votre capital, qu’elle soit géographique, sectorielle ou monétaire réduit le risque lié à la faillite de l’entreprise seule que vous avez en portefeuille.
Vous réduisez les frais de gestion de votre portefeuille et vous pouvez même acheter des ETF pour de petits montants. Il existe ainsi des mécanismes d’achat d’ETF par fraction mensuelle fixe. Chaque mois, vous êtes débités d’un achat de 50 euros du même ETF. La somme reste identique mais vous achetez un nombre de parts d’ETF qui diffère selon le cours boursier du moment. Cela réduit ce qui semble complexe à bien des débutants : comment acheter, où et quand ?
Il est vrai qu’un seul ETF possède parfois en portefeuille plus de 1000 valeurs différentes sur l’ensemble des pays industrialisés du Monde.
Un ETF vous permet d’investir dans des actions, des obligations, des matières premières, des secteurs spécialisés ou bien spécifiques et même dans des crypto-monnaies ou des pays émergents. C’est simple et efficace en ce moment. L’un des principaux avantages est la diversification dans une exposition à des marchés parfois inaccessibles.
Un seul poste dans votre portefeuille vous apporte un panier d’actifs ; cela réduit le risque de perte. Dans le marché volatile actuel, la sécurité est quasi inestimable.
Oui, cela est parfait. Mais il y a aussi des inconvénients.
J’ai signalé qu’un ETF suit et copie l’indice du marché. Il en subit donc les fluctuations, il n’essaie pas de battre le marché et ne garantit pas un rendement supérieur. Il enregistre des gains et des pertes selon l’évolution de l’indice puisqu’il le copie.
Vous ne payez pas de frais de gestion à la banque mais l’ETF vous pompe quand même des frais et coûts de gestion qui réduisent la performance.
Si vous investissez en ETF, vous ne devez pas avoir des réactions identiques à celui qui possède des actions individuelles. Vendre trop rapidement, avoir des stratégies spéculatives, disons avoir le doigt sur la gâchette, et racheter activement d’autres parts d’ETF. Cela limiterait votre potentiel haussier et votre return annuel.
Il faut savoir aussi que les gestionnaires d’ETF prêtent parfois les titres qu’ils détiennent. Cela peut créer un risque de défaillance.
En résumé, les ETF sont devenus un outil efficace pour diversifier un portefeuille et investir de manière transparente à moindre coût.
C’est un bon investissement à condition d’avoir une approche prudente, de bien appréhender les frais et les risques et de respecter votre horizon d’investissement.
Mais, si l’ETF est une copie d’un indice qui permet une grande diversification dans un portefeuille, il faut savoir que beaucoup d’indices sont très concentrés sur les actions américaines. Les ETF semblent prendre en portefeuille, de grandes sociétés au détriment de petites et moyennes capitalisations. Les ETF des pays émergents ne font pas foison.
Les suiveurs de marché constatent aussi que certains ETF ont un risque de « suivi de perte ». Cela se produit lorsque leur performance ne parvient pas à reproduire celle de l’indice suivi.
Si l’indice chute, votre ETF chutera dans les mêmes proportions. Le contenu de certains indices est aussi très volatile et peut provoquer des chutes brusques.
Il est préférable de s’adresser à un courtier avant d’investir dans un ETF.
Sans explication ou expérience, vous risqueriez d’acheter un ETF à effet de levier (risque de perte partie ou tout votre mise)
Vous pourriez choisir un ETF côté en devises étrangères avec un risque de change qui modifierait votre return et aussi un indice de référence peu connu donc à risques.
Vous risqueriez aussi de choisir un ETF qui s’écarte de son indice. La copie d’un indice n’est pas aisée lorsque l’indice a un trop grand nombre de valeurs.
Le secteur industriel du Dow Jones ne représente que 30 valeurs et l’image ci-dessous vous montre combien 25 d’entre-elles sont écrasées et peu représentatives dans l’ETF du Dow Jones.
Vous ne devez pas vous laisser tenter par des ETF « exotiques » (petites capitalisations, marchés émergents peu développés, obligations peu échangées, secteurs très spécialisés, etc.).
Un broker spécialisé disait dernièrement que ce type d'ETF qui semblait très liquide parce qu'il cotait en continu sur une grande place boursière n’avait en son sein que des titres illiquides.
C’est donc un risque important lorsque l'ETF a du mal à acheter ou vendre les titres et subir des coûts de transaction importants. Sa valeur peut alors s'écarter de la valeur théorique de l'indice. Il ne faut pas oublier que les gestionnaires sont rémunérés et que lorsque souffle un vent contraire sur le marché, la rémunération doit être payée. Cela fait mal au return.
De tout cela, il faut aussi se dire que ce placement diversifié n’apporte pas de rendements exceptionnels.
Les ETF sont conçus pour suivre un indice, et non pour le surperformer.
Par conséquent, pas de rendements astronomiques. Vous venez de choisir un investissement passif.
Si vous pensez être passif, ce n’est pas sans risque car si vous ne devez plus rechercher des lacunes dans les bilans des sociétés de votre portefeuille trop peu diversifié, il y a le risque de suivre bêtement la hausse ou la débâcle du marché. Si vous achetez un ETF SP-500 soit les 500 valeurs américaines les plus en vue en un seul trader, vous n’achetez en fait que les colosses de l’indice qui sont excessivement valorisés par rapport aux autres valeurs contenues dans le trader SP-500.
Sur le chart ci-dessous, vous voyez en effet sept valeurs dont la capitalisation écrase les 493 autres.
Au point de vue répartition, vous n’avez donc acheté que quasi 7 valeurs américaines et non une part prépondérante dans chacune des 500.
C’est à nouveau le soleil qui m’invite à clore cette réflexion. Je vous laisse à vos pensées. Prenez la bonne décision et restez avec une bonne partie de liquidités. Les nuages électoraux sont plus terribles que ceux des ouragans.
Roger LECUT
Gradué en Sciences Bancaires et Boursières.
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