7 avril 2026

Le petit mot boursier de Roger LECUT

Chers investisseurs,

Les contrats à terme sur les actions chutent alors que Trump affirme que les USA sont en bonne voie d’atteindre très prochainement leurs objectifs en Iran. Les prix du pétrole augmentent de plus de 10 % car Trump sème l’incertitude quant à cette guerre contre l’Iran qui devra encore durer cette année. Le marché américain pourrait chuter de 20 % et entraîner une correction mondiale. Les médias en parlent déjà : le Dow Jones devrait chuter de 700 points, le S&P 500 et le Nasdaq devraient baisser aussi car Trump a laissé la porte ouverte à d'autres options concernant le conflit avec l'Iran. Comme tous les investisseurs, je suis perplexe.

En Bourse, il faut s’informer, réfléchir et agir.

Devant la débâcle d’informations peu reluisantes, il est bon de se dire : comment nous situons-nous par rapport aux derniers mois. Lorsque le S&P 500 se situe au-dessus de sa moyenne mobile des 125 dernières séances, cela indique une dynamique positive. En revanche, si l'indice est inférieur à cette moyenne, cela révèle une certaine nervosité chez les investisseurs. Nous voyons que nous sommes sous la moyenne à 125 jours.

L'indice de peur et d'avidité est aussi très révélateur de ce climat actuel. Il utilise le ralentissement de la dynamique boursière comme un signal de peur et la dynamique croissante comme le signal d'avidité.

L'indicateur le plus connu du sentiment de marché est l'indice de volatilité VIX. Il mesure la volatilité des options sur l'indice S&P 500 au cours des 30 prochains jours. Cet indicateur chute souvent les jours de hausse générale du marché. Mais, il grimpe en flèche lorsque les actions tombent en chute libre. Il faut observer cet indicateur sur la durée et non sur un effet très court terme (par exemple, une info démentie quasi immédiatement). Cette règle est importante à suivre. Le VIX est souvent neutre à faible en période de marché haussier mais il s’élève lorsque les vendeurs prennent le dessus sur les acheteurs. L'indice de peur et d'avidité incorpore bien entendu cette volatilité croissante du marché et la comprend comme un signal de peur.

Les spéculateurs boursiers utilisent souvent les options. Ce sont des contrats qui donnent aux investisseurs le droit d'acheter ou de vendre des actions, des indices ou d'autres titres financiers à un prix convenu et à une date convenue.

Les options de vente sont appelées « puts » et les options d’achat s’appellent des « call ». Quand il y a une nervosité croissante sur le marché, le ratio puts/calls augmente, un ratio supérieur à 1 est considéré comme baissier et cela devient une indication baissière, c’est-à-dire une expression de crainte appliquée dans les faits.

On dit toujours que les actions sont plus risquées que les obligations. Mais, vous savez déjà que le rendement d'un investissement en actions sur le long terme est supérieur. On peut se demander pourquoi alors mettre des obligations dans un portefeuille-titres. Et bien, force est de constater que les obligations peuvent surperformer les actions mais sur de courtes périodes.

Depuis le début d’année, la demande de valeurs refuges évolue à la hausse. L’'écart de rendement entre les obligations du Trésor et les actions au cours des 20 dernières séances augmente. En effet, les obligations performent mieux lorsque les investisseurs sont inquiets. Mais, il y a un « MAIS » car cette règle est devenue un boomerang. Maintenant, les obligations du Trésor américain chutent. Tiens, pourquoi ? Un autre danger se présente : les menaces de Trump envers l’Iran alimentent les craintes d’inflation. Cela commence à troubler le bel équilibre financier mondial. Et l’inflation, vous le savez, rabote une grande partie des intérêts et limite la santé financière des entreprises. Le pouvoir d’achat des citoyens est amputé et les achats diminuent grandement.

 Un exemple saute immédiatement à vos yeux : les voitures électriques font un saut dans les achats car l’utilisation des véhicules à énergie fossile devient hors de prix. Des métiers spécialisés risquent encore de disparaître.

Les investisseurs du monde entier ont observé avec stupeur Trump s'engager dans un conflit avec l’Iran. Cette initiative qui manque de légalité est en effet susceptible de mettre en péril la stabilité mondiale. Trump n’a pas réfléchi aux conséquences de son attaque. C’est un début de massacre ; un coup d’œil sur les valeurs encore en zone d’achat sur le marché belge en rassurera peut-être quelques-uns. La méfiance est de mise, que dis-je, est devenue impérative.

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