10 juin 2026

Le petit mot boursier de Roger LECUT

Chers Investisseurs,

Il est grand temps de reprendre ma plume.

Les choses les plus perturbantes finissent pas nous lasser. Au début du conflit en Iran, je prenais les nouvelles chaque matin afin de voir l’impact sur les cours boursiers. Mais cela ne servait à rien. Il y a bien eu des effets de bourse mais, malgré ses dires et avec sa façon de vouloir convaincre, j’ai fini par ne plus croire le président Trump. Il a eu beau répéter que la guerre est en train d'être gagnée, ces annonces ne sont pas cohérentes et aucune d’elles ne signifie vraiment une victoire militaire. Comme en Ukraine, Trump assurait que tout irait très vite et voilà des années que cela dure. En Iran, on assassine les dirigeants et on pense que le peuple « libéré » descendra dans la rue pour remercier le « faiseur de paix » !!

Pour gagner, il fallait changer de régime, renverser le gouvernement iranien, faire capituler les forces armées et saisir les matières nucléaires prétendues détruites. Rien de tout cela n’a été fait. C’était pourtant bien claironné de façon médiatique importante.

A vrai dire, je ne vois aucun signe de paix, rien que des destructions en masse dans tout un ensemble de pays. De plus, comme in Irak, qui sait encore quel est l’objectif final de ces opérations ?

Nous n’avons que des effets négatifs et politiquement une seule consolation : la consolidation de l’Europe qui commence à comprendre que l’Union fait la Force.

Il était fou de croire à toutes les hypothèses émises au début de ce conflit. Ce dernier a finalement contrarié l’économie mondiale avec le blocage du détroit d’Ormuz. L’Iran se bat maintenant, uni avec son Gouvernement car il défend son Pays et son Drapeau. Il ne faut pas oublier que le Peuple n’avait aucune arme pour descendre dans la rue et qu’il lui était impossible de renverser les tyrans qui le privaient de liberté. Le peuple a assisté à la destruction de son économie et de ses industries après l’assassinat des dirigeants qu’il maudissait. De ce fait, beaucoup d’iraniens considèrent les « libérateurs » comme des « envahisseurs » et font bloc avec ce qui reste de la bande du grand Ayatollah.

Tout comme Poutine en Ukraine, Trump ne pensait pas que le peuple réagirait de cette façon. Le peuple riposte et se défend. Il veut sa liberté et pas un parapluie soi-disant protecteur mais contraignant, exigeant et surtout accaparant. 

La capacité de riposte de l’Ukraine et de l’Iran reste forte contrairement aux attentes des envahisseurs. En Ukraine, des drones atteignent même Saint-Pétersbourg et en Iran, l’armée attaque même les bases et les ambassades américaines installées dans les pays du Golfe. Pendant des années, l’Iran a construit des cachettes de lancement et des usines de fabrication de drones. Malgré les attaques et les bombardements, l’Iran continue à lancer des missiles balistiques et des drones.

Notre grand malheur, c’est que Trump a présumé que les Iraniens ne pourraient pas fermer le détroit d'Ormuz si la flotte navale iranienne était détruite. A l’heure actuelle, les eaux peu profondes du golfe regorgent de mines et de petits sous-marins. Il y a aussi toute une flottille de vedettes rapides bien armées. Tout cela empêche la navigation et bloque le détroit au grand dam du Monde entier.

Dans le Monde de la Finance, les grands PDG sont vraiment inquiets. Les compagnies d’assurance refusent de couvrir la perte des bateaux qui essaient de franchir le détroit. Les Iraniens ont la main sur des probabilités de paix.

Autant dire que cette pagaille a déclenché une crise économique mondiale et le secteur pétrolier et du gaz est mis à mal.

Les devises sont malmenées et beaucoup d’investisseurs se débarrassent des cryptomonnaies. Les obligations américaines n’ont plus la Cote.

La dette américaine ne cesse de gonfler, elle va frôler les 39.000 milliards de dollars. Pour la première fois de leur histoire, les États-Unis ont vu le ratio dette/PIB atteindre les 122 % avec un lointain espoir de diminution. Cela est vraiment dangereux pour les américains qui ont épuisé leur stock de munitions mais aussi pour le Monde entier. Les conséquences seront probablement catastrophiques pour notre économie car les ressources se trouvent dans de grands pays en guerre. Que sera notre futur ??

Nous pourrions investir dans la fabrication de missiles car nous aurons de moins en moins d’aide de la part des USA. Il est vrai que la guerre a touché durement leur réserve de missiles offensifs et défensifs. 

Il faudra en fabriquer assez rapidement et nous pourrions investir dans ce domaine qui sera important. Cela fera de l’emploi et empêchera les russes et les chinois de jubiler trop longtemps.

Une grande majorité des puissances du Monde sont déçues. Les Etats du Golfe étaient rassurés grâce aux bases militaires installées sur leur territoire mais quasi une dizaine sont détruites et même désertées.

Ces pays ont désormais le même ressentiment que les Européens ont eu lorsque Trump n’a pas soutenu l’Ukraine comme on l’espérait. Les américains semblent ne plus soutenir leurs alliés arabes.

L’Europe va devoir racheter du pétrole russe et du gaz naturel russe. La Russie va retrouver des milliards car elle sera le fournisseur des grands pays comme l’Europe, la Chine, l’Inde et le Japon à cause du blocage du détroit d’Ormuz. Sans une vraie victoire et une paix durable dans la région du Golfe, le Monde va souffrir pendant des années.

Le marché a grimpé très fort et un recul est très probable. Le tout, c’est de savoir quand cela arrivera. 

Des doutes commencent à venir, la semaine a été agitée. On pense que le rapport sur l’emploi aux USA a changé quelque chose dans la compréhension de l’évolution des cours boursiers.

Les bons chiffres américains sur le marché du travail font dire aux investisseurs que cela pourrait augmenter les chances d'une hausse des taux d'intérêt de la Fed d'ici la fin de cette année.

Les rendements des bons du Trésor ont naturellement augmenté après la publication des chiffres et cela a fait pression sur le marché boursier à ses sommets.

Voilà maintenant quelques actions belges qui restent au-dessus de leurs moyennes de cours.

Prenez le temps de la réflexion et surtout soyez vigilants. La hausse des taux va affaiblir les marchés mais n’oubliez pas qu’une action, c’est une part d’un capital, d’une usine, d’une industrie et que cela garde sa valeur actualisée sur projection des bénéfices.

Une obligation perd de sa valeur au vu de la progression de l’inflation. Vous pouvez même avoir un rendement négatif.

 Vos investissements doivent au moins conserver leur valeur marchande d’origine.

Roger LECUT

Gradué en Sciences Bancaires et Boursières

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