10 octobre 2026

CMB.Tech : les beaux jours se poursuivent pour l’instant

CMB.Tech : les beaux jours se poursuivent pour l’instant 

Le marché des pétroliers comme celui des vraquiers (navires de transport de vrac sec) a le vent en poupe, souligne l’analyste de la VFB, Geert Campaert. « CMB.Tech peut en profiter pleinement, notamment grâce à la vente de pétroliers plus anciens assortie de très belles plus-values. »

Après un premier trimestre solide, CMB.Tech a tout simplement poursuivi sur sa lancée au deuxième trimestre : le chiffre d’affaires a progressé de 82 % par rapport à l’année précédente pour atteindre 704 millions de dollars. Le bénéfice net a explosé, passant de 7,8 millions de dollars à 364 millions. Cette forte augmentation du bénéfice est toutefois due en grande partie à d’importantes plus-values de 127,5 millions engrangées par l’entreprise lors de la vente de 2 anciens VLCC (Very Large Crude Carriers) et d’un navire Suezmax (pétrolier de format plus petit). Sans ces plus-values, le bénéfice aurait tout de même fortement augmenté grâce aux tarifs journaliers moyens (TCE) beaucoup plus élevés que CMB.Tech a pu générer avec ses navires : pour les VLCC, le taux spot a dépassé 126 000 dollars contre environ 45 000 un an plus tôt, et pour les Newcastlemax, le taux spot s’est établi à plus de 46 000 dollars contre 23 000 un an auparavant.

Du côté des pétroliers, les tarifs étaient déjà élevés en raison de la guerre en Ukraine, qui contraint l’Europe à acheminer davantage de pétrole par navire plutôt que par pipelines depuis la Russie. Mais au deuxième trimestre, le conflit au Moyen-Orient a fourni un coup de pouce supplémentaire. La fermeture du détroit d’Ormuz a obligé les pays qui importent habituellement du Moyen-Orient à s’approvisionner davantage en pétrole auprès de pays comme les États-Unis, le Brésil et le Kazakhstan, ce qui entraîne des distances de transport plus longues et une demande accrue. Cela a provoqué des tensions sur le marché et fait fortement augmenter les tarifs journaliers.

CMB.Tech peut désormais en tirer pleinement profit : sur le marché spot, en concluant des contrats à plus long terme à des prix élevés, mais aussi en vendant ses pétroliers plus anciens avec de très belles plus-values. C’est d’ailleurs ce qu’elle faisait déjà.

Depuis le rachat de Golden Ocean, plus de la moitié de la flotte de CMB.Tech est constituée de vraquiers, ce qui fait qu’elle n’est plus du tout le pure player du secteur pétrolier qu’elle était il y a quelques années. Les conditions de marché sont également favorables pour le vrac sec. Par exemple, la Chine constitue des réserves stratégiques de minerais de fer et de bauxite, ce qui soutient la demande de navires. CMB.Tech profite également indirectement du conflit au Moyen-Orient : la hausse des prix du pétrole et du gaz pousse les pays à recourir de nouveau davantage au charbon, ce qui accroît la demande de navires pour transporter cette matière première. Cela entraîne donc également des taux d’affrètement très élevés pour leurs vraquiers Newcastlemax, Capesize et Panamax.

La question cruciale est bien sûr de savoir combien de temps ces conditions favorables vont durer. Il est impossible de prédire quand le conflit au Moyen-Orient cessera et quand le détroit d’Ormuz rouvrira complètement. Ensuite, l’attitude de la Chine jouera un rôle important : ces derniers mois, elle a importé moins de pétrole et a puisé dans ses stocks stratégiques pour tempérer l’impact sur les prix du pétrole. Le rythme auquel elle reconstituera ses stocks à l’avenir influencera la demande de pétroliers.

Un deuxième facteur important pour les mois à venir est l’impact du phénomène climatique El Niño. Par le passé, chaque épisode d’El Niño a entraîné une augmentation de la demande de transport de produits agricoles, les schémas habituels s’étant trouvés perturbés. Cela pourrait avoir un effet positif sur la demande de vraquiers dans un avenir proche et maintenir les tarifs à un niveau élevé.

L’évolution des taux d’affrètement pour les trimestres à venir reste donc incertaine, mais les actionnaires peuvent en tout cas profiter des records de bénéfices actuels : en avril, un dividende de 0,16 dollar par action avait déjà été versé, suivi en juin de 0,64 dollar, réparti entre un dividende de 0,20 dollar (soumis au précompte mobilier) et une réduction de capital de 0,44 dollar (non soumise au précompte mobilier).

Le 8 octobre, une assemblée générale doit approuver une nouvelle distribution de 0,64 dollar, cette fois sous la forme de 0,21 dollar de dividende et de 0,43 dollar de réduction de capital. Au cours des troisième et quatrième trimestres, d’importantes plus-values seront également comptabilisées sur la vente de navires dont la cession sera alors finalisée. D’autres distributions suivront probablement, car lors de l’assemblée générale d’octobre, CMB.Tech souhaite également faire approuver la possibilité d’une réduction de capital supplémentaire de 50 à 250 millions de dollars. Cela représente une distribution supplémentaire par action de 0,17 à 0,86 dollar. Ces versements pourront être effectués en plusieurs tranches, à chaque fois en fonction des résultats enregistrés au trimestre précédent. En matière de distributions, les beaux jours pour les actionnaires vont donc probablement pouvoir se prolonger encore quelques trimestres. Le fait qu’elles soient probablement en grande partie fiscalement avantageuses pour le petit actionnaire est un plus appréciable.

Qu’est-ce que CMB.Tech ?

CMB.Tech est née de la fusion d’Euronav avec CMB, après quoi le groupe a fusionné un an plus tard avec le norvégien Golden Ocean. Cela a donné naissance à un groupe de transport maritime diversifié d’environ 250 navires, dont la composante principale est constituée de navires de transport de vrac sec, aux côtés de pétroliers, de chimiquiers, de porte-conteneurs et de navires de transport.


Plus d'articles CMB.Tech : les beaux jours se poursuivent pour l’instant

EnergyVision : rien que de la croissance

EnergyVision affiche une forte croissance au premier semestre 2026 et sa valorisation élevée (C/B de 33,7 pour 2027) paraît justifiée si le bénéfice double d’ici la mi-2028.

10 octobre 2026

Inclusio : un beau parcours boursier

Depuis le début de l’année 2025, Inclusio est la quatrième SIR la plus performante, avec une hausse du cours de 27 %

15 avril 2026

Engie : une action sous haute tension

« Les résultats de 2025 ne sont pas encore à la hauteur des attentes, mais l’évolution reste positive. D’importants montants sont continuellement investis dans le renforcement des activités de base. »

15 avril 2026

Syensqo : le récit de croissance se fait attendre

L’analyste VFB Geert Campaert ne voit toujours guère de lumière au bout du tunnel chez Solvay. « Les prévisions du management impliquent une nouvelle baisse de l’EBITDA de 4 à 13 %. »

15 avril 2026

Solvay : pas encore de reprise en vue

L’analyste VFB Geert Campaert ne voit toujours guère de lumière au bout du tunnel chez Solvay. « Les prévisions du management impliquent une nouvelle baisse de l’EBITDA de 4 à 13 %. »

15 avril 2026

Care Property Invest : pas de surprises

« La situation financière est restée pratiquement inchangée ; l’impact d’un endettement plus élevé a été compensé par une légère baisse des coûts financiers. »

15 avril 2026

WDP : des perspectives de croissance claires

Warehouses De Pauw, ou WDP, est une SIR spécialisée dans l’immobilier logistique. Lors de l’évaluation à la fin 2025, son portefeuille immobilier atteignait 8,4 milliards d’euros, répartis sur 345 sites dans 6 pays, avec une surface bâtie de 8,8 millions de m² pour 21,5 millions de m².

27 février 2026