3 mars 2026
Interview avec Carine Jungbluth et Ben Granjé sur VFB-FR
« Il est plus important que jamais de représenter tous les investisseurs de notre pays »
Carine Jungbluth siège au conseil d’administration de VFB depuis quinze ans, et elle voit aujourd’hui se réaliser un rêve de longue date : développer une structure francophone. « Ma première mission consistait à démontrer qu’il existe bel et bien, en Belgique francophone un intérêt pour l’investissement et la Bourse. Nous avons réussi. »
Avec VFB-Fr, une association d’investisseurs francophones reprend forme. La membre du conseil d’administration de VFB et Responsable VFB Francophone, Carine Jungbluth, pilote le projet. Ingénieure civile en électronique – « à l’époque, la filière informatique n’existait pas encore » –, elle peut se prévaloir d’une longue carrière à des postes de direction dans l’IT, notamment chez Sabena, Devoteam et Atos. « Mais depuis l’introduction de la loi Cooreman-De Clercq, ma véritable passion, c’est l’investissement », explique-t-elle avec enthousiasme au début de l’entretien. Le CEO Ben Granjé s’est joint à la discussion pour détailler les projets en Belgique francophone.
Pourquoi VFB-Fr ?
Carine Jungbluth Jusqu’en 2008, j’étais membre d’Investa, une association d’investisseurs dirigée par Roger Lecut. Lorsque cette organisation a cessé ses activités, j’ai découvert VFB lors du Cash Beleggersdag, un événement organisé par Roularta. J’ai été immédiatement impressionnée par le magazine et je me suis dit : pourquoi ne pas faire la même chose chez nous ? Peu après, j’ai rencontré le président Paul Huybrechts, qui m’a demandé de devenir membre, puis de siéger au conseil d’administration. Mais pourquoi VFB-Fr ? En réalité, c’est mon rêve depuis 2011.
Ben Granjé La demande d’un pendant francophone de VFB n’est pas nouvelle. Plusieurs institutions, comme la Banque nationale, la FSMA et Febelfin, nous ont demandé de soutenir un tel projet, mais nous ne disposions ni du budget ni des capacités nécessaires. En outre, une association de ce type doit émerger de la base.
Certains membres se souviennent peut-être de notre Happening 2015, organisé à Bruxelles en collaboration avec FedInvest. Mais cette association a elle aussi disparu, ne laissant subsister que des clubs locaux. VFB est restée en contact avec eux et nos intérêts convergent naturellement. Lorsque la taxe sur les plus-values a été mise sur la table en 2025, il est vite apparu que, dans nos discussions avec le gouvernement fédéral, nous devions également devenir une entité nationale ou fédérale. C’est la seule manière de revendiquer notre place à la table des concertations et d’influencer les décisions politiques. Il est donc plus important que jamais de représenter tous les investisseurs de notre pays.
Jungbluth L’union fait la force (rires).
Granjé À ce stade, nous ne recevons aucun soutien financier pour cette initiative, mais nous la lançons malgré tout. Il ne s’agit pas non plus pour la VFB flamande de « conquérir » la Belgique francophone. Notre premier objectif est de rassembler à nouveau tous les investisseurs francophones et de promouvoir la culture de l’investissement. Nous recherchons donc des bénévoles francophones prêts à s’investir dans ce projet et à construire, comme en Flandre, un réseau par et pour les investisseurs.
Quel est précisément l’objectif ?
Jungbluth Ma mission consiste avant tout à démontrer qu’il existe, en Belgique francophone, un réel intérêt pour l’investissement et la Bourse, et à le stimuler. Depuis le printemps, nous avons déjà organisé cinq webinaires et plusieurs présentations physiques auprès de clubs existants. Nous avons ainsi collecté les coordonnées de près d’un millier de personnes intéressées. Sans grands budgets ni campagnes. Premier objectif atteint (rires).
Pourquoi VFB-Fr est-elle nécessaire ? D’où vient cet intérêt marqué ?
Jungbluth Il existe tout simplement un grand besoin d’éducation financière.
Granjé Nous constatons également qu’en Belgique francophone, le climat autour de l’investissement est plutôt négatif. Nous voulons susciter davantage d’estime pour la Bourse et promouvoir une vision positive des investisseurs.
VFB-Fr sera-t-elle une copie de la VFB flamande ?
Jungbluth Sur le fond, ce sera sans doute comparable, mais la forme pourra différer. Nous ne voulons pas simplement traduire le Gids voor de Beste Beleggerd de la VFB, par exemple ; nous recherchons nos propres auteurs, qui écrivent à partir de leur propre perspective. Le nouveau site VFB-Fr.be n’est pas non plus un simple décalque de vfb.be.
Granjé L’essence reste la même : rassembler des personnes pour partager expériences et connaissances en matière d’investissement. Il est possible que cela fonctionne mieux à partir de points de rencontre régionaux plus petits plutôt qu’à travers une organisation centralisée ? Cela ne pose aucun problème. Tant que davantage de personnes s’intéressent à l’investissement, nous avançons dans la bonne direction.
Que devient le « Vlaamse (flamande, ndlr.) » dans le nom VFB ?
Granjé Nous restons la VFB, mais nous utiliserons désormais cette appellation comme un acronyme, sans l’écrire en toutes lettres. En Flandre, le V peut continuer à signifier « Vlaams », car nous continuerons à défendre le droit des Flamands d’investir dans leur propre langue. C’est d’ailleurs l’origine de VFB. En Belgique francophone, cet acronyme pourrait, par exemple, signifier « Vadrouille de Finance Boursière » : la patrouille symbolise les petits investisseurs qui avancent ensemble vers l’objectif de la liberté financière. Un autre nom serait possible, mais la force de la marque VFB nous aide évidemment à convaincre les entreprises et les orateurs. Nous sommes aussi plus forts en défendant, sous un seul nom, un meilleur cadre d’investissement en Belgique.
Jungbluth On me demande parfois : pourquoi avons-nous besoin de cette Fédération flamande des investisseurs ? La question existe donc chez certains investisseurs francophones. Mais il me serait très difficile de mener ce projet sans le soutien de VFB.
Où souhaitez-vous en être dans quelques années ?
Jungbluth Lorsque j’ai déjeuné avec Paul Huybrechts pour rejoindre le conseil d’administration de VFB, il m’avait déjà proposé de devenir directrice opérationnelle de VFB en Belgique francophone. Ce n’était pas possible à l’époque, car je travaillais encore à temps plein. Aujourd’hui, j’ai réduit mes activités. Malgré cela, je dois encore souvent faire appel à l’aide des bénévoles de VFB. Je tiens donc à les remercier chaleureusement pour leur engagement. Dans quelques années, j’espère avoir constitué une équipe francophone tout aussi dynamique, qui apporte une réelle valeur ajoutée à l’ensemble des investisseurs belges.
Granjé Ce serait en effet formidable qu’une équipe se constitue et, en collaboration avec VFB, développe sa propre dynamique. Je dis souvent qu’en Flandre, chaque soir de la semaine, il y a quelque part un membre de VFB qui parle d’investissement devant une petite salle ou un groupe d’amis. Nous contribuons à réaliser le rêve de Carine : voir émerger un réseau similaire en Belgique francophone et faire, ensemble, la différence pour tous les investisseurs.
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VFB-Fr recherche des membres et des bénévoles
VFB est une association pour les investisseurs, par les investisseurs. Il en va de même pour VFB-Fr. Sur le site www.VFB-Fr.be, vous pouvez vous enregistrer gratuitement. Vous recevrez alors toutes les communications relatives aux activités francophones, telles que les invitations aux webinaires ou aux événements. Nous lançons également un appel chaleureux. Tout comme VFB peut compter en Flandre sur l’engagement inlassable de dizaines de bénévoles, nous recherchons des personnes prêtes à contribuer au développement de VFB-Fr en une association conviviale et dynamique. Intéressé(e) à apporter votre pierre à l’édifice ? Envoyez un e-mail à info@vfb-fr.be. Aidez-nous à vous aider.
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